dimanche 8 mai 2011

Le point sur la présidentielle 2012 : un inévitable bilan du quinquennat de Sarkozy



A un an de la prochaine élection présidentielle et pour pouvoir se faire une idée objective des scénarios probables, il est inévitable de dresser le bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy, le président sortant au plus bas dans les sondages, mais qui recueille malgré tout 20% d'intentions de vote au 1er tour et qui pourrait ainsi et malgré tout, constituer l'une des grandes figures du prochain scrutin.

Si de nombreux français lui reprochent une situation économique difficile dans leur quotidien, notamment au niveau de l'emploi et du pouvoir d'achat, on ne peut pas écarter la conjoncture globale de l'économie mondiale et la crise de la zone euro. On ne peut pas non plus nier les efforts entrepris pour préparer l'avenir de nos enfants à travers des mesures certes impopulaires et difficiles à vivre au jour le jour mais qui pourront peut-être éviter l'implosion du système.

Pourtant les mesures et reformes accomplies n'ont pas réellement convaincu ni l'opinion ni les économistes ni les observateurs :
- Potentiellement l'une des meilleures sur le papier et qui répondait à un des gros points faibles de notre pays, à savoir les difficultés pour entreprendre (cout, complexité, risque), à savoir la création du statut d'auto-entrepreneur, n'a pas eu les effets escomptés. Si le nombre d'auto entreprises crées dépasse de loin les premières attentes, il ne saurait faire oublier les incohérences et les limites de ce dispositif, qui au final, se révèle être un excellent moyen de faire baisser les statistiques du chômage. 
- La TVA à 5,5 dans la restauration fut également un autre miroir aux alouettes qui, à l'instar des mesures les plus décriées des gouvernements Fillon, profite finalement à une catégorie qui n'était pas la plus touchée par la crise. Mais les objectifs en termes d'emploi ou de répercussions de la mesure sur les prix ne sont pas au rendez-vous.
- Le bouclier fiscal a eu un résultat mitigé sur l'évasion fiscale et sur le retour des grandes fortunes expatriées.

Mais à mon humble avis le plus gros échec du sarkozisme a trait au manque d'exemplarité du gouvernement qui outre de ne pas donner l'exemple, semble au-dessus des lois, aux échecs de la politique extérieure de la France notamment pendant le printemps arabe, paradoxalement à une trop grosse implication sur la scène internationale alors que les français attendent avant tout que l'on s'occupe de la situation intérieure.

Ajoutons à cela que de nombreux électeurs ayant voté pour Sarkozy en 2007 s'estiment floués et qu'une part importante de l'électorat de droite votera tout sauf pour la continuité de la politique actuelle. Seule une frange de plus en plus mince d'électeurs voteront pour la poursuite de ces reformes vendues comme obligatoire pour l'avenir de notre pays et pour les générations futures.

Aussi la partie s'annonce difficile pour l'UMP à l'horizon de la présidentielle 2012, ouvrant ainsi un boulevard à la candidate FN et au PS qui sentent venir l'aube du grand jour. Pour autant, si les voix de la gauche de la gauche et écologistes seront certainement convoitées par beaucoup, il est peu probable qu'un candidat issu de ces formations puisse accéder au second tour, et ce malgré le traumatisme post Fukushima, la grogne ouvrière sur fond de chômage et la paupérisation de plus en plus tangible de la France d'en bas qui n'en finit pas de travailler plus pour simplement survivre.

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