mercredi 25 avril 2012

La fête du "vrai travail" et ses dérives (coup de gueule)




Encore une remarquable sortie de Nicolas Sarkozy, qui crée en un battement de cil une polémique, dont l'intéressé aurait largement pu se passer dans sa situation à l'entre deux tours : Sarkozy lance un nouveau concept : le vrai travail!

Et la France de découvrir, stupéfaite, qu'il n'y a plus seulement, ceux qui travaillent et ceux qui sont au chômage, mais des personnes qui travaillent pour de vrai, d'autres qui travaillent pour... l'histoire ne le dit pas mais on peut compléter les pointillés par:  de faux, pour rire.

Bref il y en a qui font semblant de travailler et qui n'ont rien à foutre dans la rue le 1er mai, au même rang que les chômeurs et les assistés. Et visiblement cette catégorie large et très bien représentée de faux travailleurs, des personnes qui prétendent travailler alors qu'elles ne savent pas ce que c'est, ce sont toutes celles et ceux qui défilent généralement pour la fête du travail.

Une autre lecture de cette petite phrase de Sarkozy pourrait induire une interprétation qui feraient des syndicalistes, des fonctionnaires, des enseignants... de faux travailleurs, voir des parias ou des parasites.
Je ne suis donc pas sur que cette petit pique ait fait gagner beaucoup de voix à Sarkozy pour le 2e tour.


vendredi 20 avril 2012

Sarkozy, le chant du cygne, la poésie en moins


Aujourd'hui, hors de la ligne de communication officielle de l'UMP, il ne reste plus personne pour croire qu'en mai prochain, Nicolas Sarkozy l'emportera. Et ce ne sont pas les ralliements plus ou moins inattendus des derniers jours qui me contrediront. La France se prépare pour l'alternance et s'il est un peu tôt pour tirer tous les enseignements de cette campagne calamiteuse, certaines constatations peuvent déjà être faites avec leur lot de questions.

 1° Au nom d'une soit-disant candidature naturelle, la droite a choisi pour champion le personnage public le plus décrié de France, un président sortant dont la côte de popularité fut au plus bas pendant 90% de son quinquennat. On a vu mieux comme champion. Comment se fait-il qu'il n'y ait pas eu un seul trublion à l'UMP pour remettre en cause la légitimité de Sarkozy? Pas un seul petit Sarkozy en herbe à intriguer pour le trône? D'autant que si une période était favorable à une percée, même d'un total outsider, c'est bien celle-là. Même Juppé avait ses chances, c'est tout dire.

 2° La droite a divorcé d'avec elle-même et traverse une crise identitaire d'une rare profondeur. Une maladie ignorée et occultée par le parti présidentiel, qui aura préféré contenter les finances de quelques uns, plutôt qu'entendre les voix de 70%s des électeurs, dont un taux record de 30% de français qui connaissent des difficultés financières. Pas de doute Sarkozy va perdre, mais au-delà de sa blessure d'orgueil personnelle, quid de l'avenir de de ses lieutenants et du parti? À mon avis, l'UMP est prêt à imploser et une division multipartiste semble inéluctable. Déjà parce que c'est la meilleure solution pour les politiques eux-même, qui vont avoir besoin de prendre les distances qu'ils n'ont jamais voulu, pu ou osé prendre pendant 5 ans. Mais également comme le parti est trop intimement lié à la personne du chef de l'état et qu'il sera un boulet dans la reconstruction de la droite post mai 2012.

3°  Qui sera le grand gagnant de cette guerre "particide" et fratricide? Qui prendra les commandes de la droite après l'élection? Qui partira avec Sarko et la chasse d'eau? Difficile à dire comme il n'y a pas eu la moindre prise de position dissonante? Et étonnamment ce ne sont pas forcément les plus proches collaborateurs du président qui auront le plus de mal à se recaser. Si je devais me risquer à faire un pronostic, je mettrais dehors Guéant, Guaino, Hortefeux, Morano. Il nous reste donc comme participants potentiels à la guerre de pouvoir : Juppé, Coppé, Fillon, Baroin et NKM. Autant dire que le seul vrai espoir d'une rénovation constructive ne pourra venir que d'un outsider.

mardi 17 avril 2012

Payer son essence à moitié prix, c'est possible!?



Alors que les prix des carburants flambent à des niveaux jamais atteints jusqu'alors, quelques petits malins ont décidé de profiter de cette hausse des prix pour faire leur publicité en proposant d'acheter des bons d'essence à un prix défiant toute concurrence.

Parmi eux, Bordeaux Deals propose ce mois-ci des bons Total de 40€ d'essence au tarif exceptionnel de 20€.

Ce qui signifie que le litre de super 98 passe de 1,80€ à 0,90€ le litre et devient moins cher que le gasoil, qui passe lui, de 1,40€ à 0,70€ le litre, en devenant à son tour moins cher que le litre de lait.

Fantastique, n'est ce pas? Oui sauf que ce deal particulièrement alléchant est extrêmement limité : Un seul bon commercialisé chaque jour pour 60 millions de français, la bataille est âpre pour être présent à l'ouverture du deal et pouvoir être le premier (et le seul) à en bénéficier. Autant dire que vous n'avez quasiment aucune chance d'en profiter...

Bref, payer son essence à moitié prix relève toujours du fantasme, et cette opération est surtout rentable pour le site Internet Bordeaux Deals qui s'assure ainsi un excellent coup de pub (auquel je participe avec cet article) pour pas un rond. Bientôt des deals façon coupon de rationnement? Flippant, non?

jeudi 12 avril 2012

Sarkozisme : n.m. du Hongrois . Se dit d'une propension à se discréditer toujours un peu plus



Ce n'est un mystère pour aucun des lecteurs de ce blog, je suis "culturellement" (rien à voir avec la culture cependant) plutôt baigné par des valeurs que l'on pourrait situer dans une droite centriste laïque, conservatrice et progressiste, impliquée et engagée socialement, et surtout non molle! Autrement dit je ne suis ni sarkosiste ni bayrou-iste et encore moins le peniste et je me sens plus comme un orphelin ou un apatride politique.

Et c'est mon premier grief au président : Sarkozy l'avait affirmé en 2007, il ne briguerait pas un 2e mandat, il préférait consacrer son énergie à faire plutôt qu'à durer. Le ton était donné, son discours n'était pas là pour nous donner le fond de sa pensée, mais uniquement ce que la "France des statistiques" voulait entendre. Son quinquennat n'a fait que de souligner cet important décalage entre le discours "on" et le discours "off".

Je fais aussi partie de ces français qui considèrent que les grands partis politiques ont confisqué le débat, les enjeux et finalement le principe même de démocratie :

- Comment peut-on imposer un candidat, soit-disant naturel puisque sortant, qui a passé son quinquennat entier avec un niveau de désaveu record dans l'opinion des français et auprès même de son propre camp? Qui plus est, un candidat dont la défaite a été annoncée de longue date!

- Comment ne pas avoir vu que Sarkozy était le pire candidat pour la droite? Et à partir de ce constat évident, quelle erreur impardonnable pour les cadres de la majorité d'avoir joué l'union sacrée derrière ce fossoyeur de la droite.

- Comment les candidats ont-il pu tous, ou du moins les principaux d'entre eux, refuser le principe d'un débat contradictoire dès le 1er tour, nous refusant du même coup, la meilleure chance de pouvoir évaluer leurs programmes respectifs et faire un vote "éclairé" lors de cette élection présidentielle.

Sans oublier, ce qui est pour moi le dérapage suprême de la campagne de Nicolas Sarkozy, écueil pourtant déjà effleuré maintes fois, où l'on agite enfin, de manière claire et revendiquée, sans plus aucune retenue, le spectre "effrayant" d'une inexorable punition annoncée des marchés à une potentielle élection de François Hollande.

À ce stade, c'est le "chantage" qui fait son apparition dans la campagne, accompagné d'un aveu total d'impuissance face aux hautes sphères de la finance mondiale. Deux très bons arguments à mon sens pour ne pas voter "naturellement" Sarkozy même si on se considère de droite.
Certes je suis de droite, mais je tiens à l'affirmer haut et fort, mes valeurs n'ont rien en commun avec celles du candidat de l'UMP et je crois que c'est aujourd'hui la responsabilité de la droite de renvoyer l'ascenseur républicain de 2002, et de voter pour n'importe quel candidat sauf pour Sarkozy.

Illustration © http://blogs.mediapart.fr/blog/paul-baringou/160112/echec-du-sarkozisme

vendredi 6 avril 2012

Vers un Guantanamo français?

The road to Guantanamo, affiche du film

Depuis la tragique affaire Merah, il ne se passe plus une semaine sans que l'on nous annonce de nouveaux coups de filet dans les milieux islamistes extrémistes, faisant ressurgir en chacun de nous le syndrome post  9/11: La France voit des terroristes partout et a l'impression qu'elle est restée calmement assise sur une poudrière... Au delà de la communauté musulmane, c'est toute l'immigration"visible" qui se retrouve stigmatisée.

Certes, avant même le dénouement de l'affaire et la mort du "terroriste", les médias anticipaient déjà les futures polémiques sur d'éventuels dysfonctionnements des services de renseignements et sur les responsabilités potentielles de chacun. Si cette agitation appelait une réponse des personnes concernées, je ne crois pas que cela réclamait, l'excès de zèle auquel nous assistons, où tout musulman, qui est peut-être simplement parti voir sa famille dans un "pays sensible", fait désormais figure de menace terroriste en puissance.

Déjà dans les premiers jours de l'affaire Mérah, certaines personnalités ne comprenaient pas que l'on ne l'ait pas arrêté avant... à savoir, avant qu'il commette ses odieux crimes. Et j'avais la désagréable sensation d'être  dans ce film avec Tom Cruse, Minority Report, où l'on enferme les gens, non plus pour des crimes qu'ils ont commis, mais pour des actes répréhensibles qu'ils vont commettre dans un futur entrevu par des "précogs"; autrement dit, j'avais la sensation d'être en pleine science-fiction.

Mais comme il semble aujourd'hui que la réalité ait rejoint la fiction, je ne peux m'empêcher de conjecturer sur les suites probables de cette affaire:

1° Tous ces gens que l'ont arrêtent alors qu'ils n'ont rien fait ou du moins, rien de suffisamment tangible qui aurait jusqu'ici justifié une interpellation, que va-t'on faire d'eux? Les relâcher faute de preuve, ce qui serait le plus "légal" ? Ou devra t-on leur créer un statut à part pour nous permettre de les maintenir en détention sous un régime d'exception? Cette dernière formule, la plus cohérente avec les objectifs poursuivis ne pourrait qu'aboutir à la construction d'un Guantanamo français, une zone de non-droit à mes yeux totalement incompatible avec les principes fondateurs de notre démocratie.

2° Quid de la récupération politique ou plus précisément de l'incidence qu'aura cette affaire sur le 1er tour de la présidentielle? Est-ce le FN et le PS ou alors l'UMP qui tireront les marrons du feu?

3° Quand on emprisonne un homme pour un crime qu'il n'a pas encore commis, combien de temps doit-on le garder en prison? Comment juger un tel crime? Et surtout pour les accusés, et d'éventuels accusés à tort, victimes de dénonciation ou d'un délit de sale gueule, comment se défendre ?

mercredi 4 avril 2012

Et si Mélenchon était la nouvelle et dernière carte de la droite?


Vous avouerez que c'est étonnant comme Jean-Luc Mélenchon est devenu le chouchou des médias à 1 mois de la présidentielle. Je viens même de lire le titre d'un article qui disait, en résumé, que la campagne du candidat du Front de Gauche avait été jugée meilleure que celles de Sarkozy et Hollande.

C'est curieux, tout de même, non? Certes Mélenchon est un bon client pour les médias, il fait le spectacle et n'a pas sa langue dans sa poche. Mais fait-il vraiment mieux que Besancenot en 2002 et 2007? Je n'en ai pas l'impression. Mélenchon dit des choses justes avec conviction, soit, mais pas plus que Besancenot et peut-être même avec moins d'énergie révolutionnaire.

Pourtant depuis quelques temps, de nombreux médias n'en ont plus que pour lui, l'ayant déjà hissé au rang de 3e homme avant même que les sondages ne le confirment. Alors on peut logiquement se poser la question du pourquoi cette ascension médiatique radicale dans la dernière ligne droite de la campagne.

Je me permettrais d'avancer 2 pistes, qui je crois, méritent d'être "investiguées" :

- Les amitiés que le chef de l'état entretient avec les "capitaines" de nombreux médias auraient peut-être pu lui permettre de suggérer à l'oreille des rédactions qu'il fallait accorder un peu plus d'attention au candidat du front de gauche, qu'ils ne le firent lors des précédents scrutions.

- Sarkozy et l'UMP ayant très largement chassé sur les terres du FN, il me semble cohérent d'imaginer qu'à défaut d'avoir convaincu l'électorat nationaliste, le rôle de 3e homme médiatique généralement dévolu au FN pouvait lui être repris. Puisque son discours est déjà porté par la voix de l'UMP, nul besoin de pousser artificiellement le FN comme cela fut le cas pendant les 15 dernières années.

D'autant que la montée de Mélenchon, comme le relevaient déjà les médias la semaine dernière, constitue finalement le pire scénario pour Hollande, l'un des seuls qui puissent l'empêcher d'atteindre un 2e tour où rien ne saurait l'empêcher de gagner quel que soit son adversaire.

L'impression que j'en retire, c'est que la droite joue encore avec le feu. Après avoir fait les beaux jours du FN, clivant du même coup un peu plus notre pays en libérant l'expression d'un racisme latent, les médias soufflent aujourd'hui sur les braises de l'extrême gauche. Ce processus qui est désormais en marche et qui ne s'arrêtera pas avec l'élection d'un candidat quel qu'il soit, nous le paierons un jour.
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