vendredi 20 avril 2012

Sarkozy, le chant du cygne, la poésie en moins


Aujourd'hui, hors de la ligne de communication officielle de l'UMP, il ne reste plus personne pour croire qu'en mai prochain, Nicolas Sarkozy l'emportera. Et ce ne sont pas les ralliements plus ou moins inattendus des derniers jours qui me contrediront. La France se prépare pour l'alternance et s'il est un peu tôt pour tirer tous les enseignements de cette campagne calamiteuse, certaines constatations peuvent déjà être faites avec leur lot de questions.

 1° Au nom d'une soit-disant candidature naturelle, la droite a choisi pour champion le personnage public le plus décrié de France, un président sortant dont la côte de popularité fut au plus bas pendant 90% de son quinquennat. On a vu mieux comme champion. Comment se fait-il qu'il n'y ait pas eu un seul trublion à l'UMP pour remettre en cause la légitimité de Sarkozy? Pas un seul petit Sarkozy en herbe à intriguer pour le trône? D'autant que si une période était favorable à une percée, même d'un total outsider, c'est bien celle-là. Même Juppé avait ses chances, c'est tout dire.

 2° La droite a divorcé d'avec elle-même et traverse une crise identitaire d'une rare profondeur. Une maladie ignorée et occultée par le parti présidentiel, qui aura préféré contenter les finances de quelques uns, plutôt qu'entendre les voix de 70%s des électeurs, dont un taux record de 30% de français qui connaissent des difficultés financières. Pas de doute Sarkozy va perdre, mais au-delà de sa blessure d'orgueil personnelle, quid de l'avenir de de ses lieutenants et du parti? À mon avis, l'UMP est prêt à imploser et une division multipartiste semble inéluctable. Déjà parce que c'est la meilleure solution pour les politiques eux-même, qui vont avoir besoin de prendre les distances qu'ils n'ont jamais voulu, pu ou osé prendre pendant 5 ans. Mais également comme le parti est trop intimement lié à la personne du chef de l'état et qu'il sera un boulet dans la reconstruction de la droite post mai 2012.

3°  Qui sera le grand gagnant de cette guerre "particide" et fratricide? Qui prendra les commandes de la droite après l'élection? Qui partira avec Sarko et la chasse d'eau? Difficile à dire comme il n'y a pas eu la moindre prise de position dissonante? Et étonnamment ce ne sont pas forcément les plus proches collaborateurs du président qui auront le plus de mal à se recaser. Si je devais me risquer à faire un pronostic, je mettrais dehors Guéant, Guaino, Hortefeux, Morano. Il nous reste donc comme participants potentiels à la guerre de pouvoir : Juppé, Coppé, Fillon, Baroin et NKM. Autant dire que le seul vrai espoir d'une rénovation constructive ne pourra venir que d'un outsider.

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